2017-03-14
Jean-François Mancel : «Pour la vérité et la paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan»

Le site français mediapart.fr a publié la déclaration de Jean-François Mancel, député, président de l'Association des Amis de l'Azerbaïdjan, sur les relations entre la France et l’Azerbaïdjan.

L’AZERTAC présente le texte intégral de la déclaration :

«Le Chef de l’Etat azerbaïdjanais sera reçu à l'Elysée par le Président de la République française. Cette visite a un caractère particulièrement symbolique puisque cette année le 25ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et l’Azerbaïdjan est célébré. Durant toutes ces années les rapports entre la France et l'Azerbaïdjan se sont développés avec une dynamique constante. L'Azerbaïdjan reste un partenaire clé pour la France dans la région du Caucase du Sud avec lequel elle a une coopération forte dans les domaines politique, économique, humanitaire, culturel et de l'éducation. A ce jour environ 70 sociétés françaises opèrent avec succès en Azerbaïdjan.

Mais, les visites successives en France, à l'invitation du Président de la République, des présidents arméniens et azerbaïdjanais sont également l'occasion de rappeler sereinement quelques vérités et de formuler un souhait.

D'abord les vérités

L 'Arménie a envahi par les armes en 1991-1992 7 districts azerbaïdjanais et la province du Haut-Karabakh représentant près de 20% du territoire azerbaïdjanais, occupation condamnée à 4 reprises en 1993 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle a procédé à l'expulsion de près d'un million d'azerbaïdjanais civils qui ont tout perdu, n'ont jamais retrouvé leur terre et sont aujourd'hui déplacés ou réfugiés. Pire, l'Arménie s'est rendu coupable d'un effroyable génocide à Khodjaly le 26 Février 1992 où 614 civils hommes, femmes, enfants ont été sauvagement massacrés volontairement comme l'a cruellement reconnu en 2000 Serge Sarkissian devenu depuis président de l’Arménie : “Avant Khodjaly, les Azerbaïdjanais croyaient qu’ils pouvaient plaisanter avec nous, que les Arméniens ne pouvaient pas s’attaquer à une population civile. Nous avons pu briser ce [stéréotype]. Et c’est bien ce qui s’est passé.” Ainsi, quelle que soit leur agressivité, les représentants de la diaspora arménienne en France ne peuvent travestir la vérité en faisant passer des occupants pour des occupés et des bourreaux pour des victimes !

Quant aux pourfendeurs de la démocratie en Azerbaïdjan, qui sont-ils donc pour donner avec tant d'arrogance des leçons à un pays indépendant, où le pouvoir est fondé sur l'élection, qui a donné le droit de vote aux femmes en 1918, aboli la peine de mort en 1998 et qui fait vivre en harmonie laïque dans un respect réciproque des musulmans chiites et sunnites, des chrétiens et des juifs qui se déchirent partout ailleurs. C'est au président Aliyev qu'on le doit.

Enfin un souhait

La vie est plus âpre pour les Arméniens d'Arménie que pour leurs porte-paroles parisiens d'où leur permanente émigration. N’est-il pas temps d'en tenir compte ? N’est-il pas temps de permettre à ces centaines de milliers de familles azerbaïdjanaises de rentrer enfin chez elles ? N'est-il pas temps de mettre fin à un conflit qui chaque année apporte son lot de sang et de larmes des deux côtés ?

La France peut y contribuer grâce aux liens qu'elle a toujours maintenus, au-delà de ses majorités et de ses présidents, avec les 2 pays et au rôle que lui a confié la communauté internationale.

Il est temps d'agir.

Jean-François Mancel

Député, Président de l'Association des Amis de l'Azerbaïdjan